si on remonte loin et qu'on passe par proche pour arriver à ajourd'hui, on voit l'évolution de la relation amoureuse sur bcp de concepts différents
nous n'allons pas tracer l'ensemble de la sexualité humaine parmi toutes ces cultures vivantes ou historiques mais nous intéressons à cet hier encensé de l'antique Athènes, de ce passé proche mais
lointain dans l'esprit de l'Inde moyen-âgeuse et puis recentré notre "étude" sur le jour d'aujourd'hui, notre société occidentale judéo-chrétienne.
les Grecs, aristocrates, aimaient, en plus de leur épouse, des hommes jeunes (garçons adolescents) dans le cadre des relations pédérastes. ils aimaient le beau et le bon jeune homme (beau
d'apparence et bon de personnalité). la notion amoureuse en jeu (d'où le nom de "péd-éraste") était l'Eros (le désir). la force est alors évidemment évoquée (la force du désir et sa traduction
virile masculine qui faisait de l'Athènes antique une société d'homme ou le séducteur adulte séduisait activement le jeune établit dans un rapport de féminité acceptable puisque pas encore adulte
dans toute sa forme)
les Indiens, dans leur kama-sutra, nous parlent bien du plaisir (Kama). toutes les formes d'amour sont notées, décrites et l'amélioration du plaisir d'un acte amoureux (par l'homme, par la femme,
entre hommes, entre femmes) sont un but de réalisation de l'individu. la base, donc, du concept d'amour réside dans le plaisir, la sensation des corps et la pratique de toutes les formes possibles
de plaisir (positions, variété et précision des pratiques, etc.)
aujourd'hui, "Nous", de notre héritage chrétien et historique, l'acte est jouissance. jouissance dans le but d'obtenir l'enfant, le symbole (le but et la fin) d'une relation amoureuse acceptable.
ajourd'hui, nous ne sommes plus dans l'acte amoureux reproductif, évidemment, mais nous gardons cette optique que l'acte est jouir (malgré la libération des moeurs, la base est la même)
si nous savons bien que l'amour ne se résume pas, chez l'Homme comme chez ses proches cousins ou d'autres animaux, à son aspect reproductif, nous savons aussi qu'il n'est pas que jouissance: il est
aussi, et surtout ici comme nous le voyons, désir et plaisir (et/ou)
à définir alors le désir (nous dirons la force de l'amour) et le plaisir (nous pensons à l'acte, à l'appréciation, par les sens, de la chose). le désir est une puissance de tension et le plaisir
une sensation physique et psychologique. la jouissance n'est-elle pas la mise en repos de la puissance (la tension se rompt) et la terminaison du plaisir (la sensation cesse)
a-t-on à tort résumé notre amour à la jouissance (car nécessaire à la procréation): n-a-t-on pas ou n'oublions-nous pas le processus amoureux dans son ensemble? désir, plaisir, jouissance
la jouissance est-elle un but indispensable à la relation amoureuse: son seul rôle n'est-il pas de procréer? le désir incite à l'amour, le plaisir retient l'amour et la jouissance, elle, ne
met-elle pas fin à l'acte?
le désir impliquant la force, le plaisir la sensation, n'est-il pas plus préférable de laisser la force de côté pour ne pas opprimer les faibles et laisser la sensation durer pour "laisser durer le
plaisir"? le désir est-il le seul facteur qui permet le plaisir? le plaisir n'est-il pas le fondement même de la relation d'amour?
mais surtout, et c'est là notre idée, la jouissance n'est-elle pas l'extinction du processus de cet amour? elle est bien sa fin, en tout cas (son but comme sa terminaison)
alors, pourquoi jouir et chercher à jouir comme le moyen-âge chrétien nous l'a longtemps dit (multitude d'attitudes de simple procréation en fait) ou désirer et chercher à désirer comme la virilité
nous y incite (esprit tendu vers la possession de l'autre)?
laissons durer le plaisir indéfiniment (éternellement et sous toutes ses formes appréciables) et qu'il soit viril ou utile peu importe
cessons de jouir pour en concret vouloir toujours procréer et cessons de désirer pour cesser d'être en état constant de tension: nous sommes déjà très nombreux et nous sommes peu tolérants; nous
serons bientôt dix fois trop nombreux sur une planète dix fois trop petite (nous pouvons éviter le carnage, peut-être...)
nti_bug_fck