Il n'est pas question ici de faire une condamnation dramatique du cannabis mais encore moins une éloge fabulatoire car nous allons parler de son aspect, justement, hallucinatoire (nous faisons
donc, a priori, une description poétique: sous-entendu, avec quelques rîmes).
Bien! Le cannabis est un produit de consommation courante et prohibé. La question n'est pas là ou pas tout à fait. En effet, l'usage courant de cannabis à fumer est loin d'être une évidence pour
les pouvoirs publics (interdiction, banalisation, criminalisation, légalisation, etc.). Il s'agit ici de savoir non pas l'intérêt de la chose légale ou l'intérêt de la prohibition mais de mettre
les consommateurs de cannabis face à quelques réalités malgré l'aspect banal (oui effectivement) de la consommation de cannabis aujourd'hui, surtout chez les jeunes mais aussi chez les moins
jeunes.
Ici, en Occident, le cannabis est un produit de fête, un lien social et un produit, pour certains, signe de rebellion douce ou exarcébée. Peu importe, l'intérêt est de savoir (et de voir) que le
cannabis est un hallucinogène (léger certes mais pas uniquement un produit qui "détend, désinihibe, relaxe, fait rire" etc.).
En Inde, la population mystique (très nombreuse les saddhus, les yogis, les ascètes...) fume très régulièrement le charas (l'équivalent du haschish). Cette préparation, mélangée à la ganjah (avec
un h mais qui représente e cannabis "nature" exactement comme la ganja sans h des rastas) et fumée dans un chillum traditionnel est réservé à l'illumination spirituelle et plus précisément à la
"destruction du voile des illusions du monde".
Comprenons bien le fait suivant: les ascètes indiens considèrent, certains, la plupart, que le monde est une illusion, un rêve éveillé (une hallucination). En fumant du cannabis, ils brisent
l'illusion: ils voient la Réalité. On comprend donc, dans un point de vue matérialiste d'occidental que la Réalité perçue sans cannabis n'est pas hallucinatoire et que les ascètes indiens
recherchent dans le cannabis, justement, une hallucination. C'est assez simple mais assez complexe aussi car l'hallucination (pour tout consommateur de cannabis) n'est pas une habitude ou
évidence.
Joseph Moreau de Tours, médecin aliéniste français de XIXème siècle expliquait (par sa propre consommation) l'aspect hallucinatoire du cannabis par la notion, là aussi mais dans un autre sens,
d'illusion. Les hallucinations du cannabis ne sont pas des monstres et des fantômes mais des illusions (c'est-à-dire des transformations du réel qui n'altèrent pas l'aspect réel des perceptions: en
deux mots, une réalité pas tout à fait réelle mais certainement pas magique ou onirique).
En conclusion (pour faire court) le cannabis entraîne des hallucinations (aux yeux des consommateurs traditionnels de l'Inde) et ces hallucinations sont en clair des illusions, c'est-à-dire
qu'elles ne sont pas complètement vides de réalités (ou de réalisme, ou de "possiblement réel").
On apprend donc deux choses: le cannabis fumé est intéressant car il permet de voir à quel point la réalité (naturelle, perçue) peut être une illusion absolue (on peut voir des choses "à peu près"
vraies mais elles ne sont pas vraies, et pourtant rien ne semble faux alors, pouquoi, lorsqu'on ne fume pas, la réalité classique est-elle absoluement vraie). Ensuite, fumer du cannabis revient à
fumer un hallucinogène, léger certes mais un hallucinogène.
Conclusion de la conclusion: le cannabis est une expérience, il n'est pas forcément très souhaitable de consommer du cannabis tous les jours surtout dans une optique de détente, de fête sans aspect
métaphysique ou mystique. On ne peut pas tolérer l'idée que beaucoup de jeunes se défoncent aux hallucinogènes et sûrement sans le savoir (c'est cela qui est intolérable, pas la consommation
elle-même car celle-ci réside surtout dans la détente qui fait partie des effets du cannabis).
Certes le cannabis fait rire et désinhibe et on sait tous qu'il fait parfois "taper des bads trips"... le lsd aussi, comme on le sait, fait rire, désinhibe et fait "taper des bads trips" alors
l'idée d'un hallucinogène est encore plus flagrante.
Personnellement, il m'apparaît que fumer du cannabis n'est pas très anodin, contrairement à l'idée générale.